Parfois, on essaie de faire céder une porte définitivement fermée, et rien n’y fait, pas moyen de passer de l’autre côté, même par les éventuelles fenêtres voisines, tout est bloqué, verrouillé, et le pire c’est qu’on n’arrive pas vraiment à saisir pourquoi. On met tant de coeur à l’ouvrage pour essayer de l’ouvrir, cette putain de porte. On est si terriblement persuadé(e) que de l’autre côté, c’est le summum du bonheur.
Et pendant tout ce temps on ne s’aperçoit même pas, que juste à côté, une autre porte est là, entrouverte comme une invitation, et que ce qu’elle cachait à peine est offert et prêt à recevoir tout ce qu’on pourrait avoir à donner. Et que si ça se trouve, ça en vaut tout autant la peine que ce qui reste planqué derrière la porte blindée.
C’est la connerie de la vie.
Dans les vaudevilles parisiens c’est un peu pareil, c’est la connerie de la vie, on observe des gens qui essaient toujours d’attraper ce qui est interdit, ou inaccessible, et qui malmènent, ou ignorent, ce qui est pourtant à portée de main, à portée du coeur et du reste.
Les vaudevilles parisiens c’est un peu comme la réalité mais en souvent un peu exagéré quand même, c’est pour le rendement émotionnel vous comprenez.
Il faut partir du principe que l’herbe est forcément plus verte dans le pré d’à côté, celui où il y a ce foutu barbelé et cette maudite clôture électrique. Et si l’herbe se refuse, alors qu’on a passé toutes ces épreuves, c’est encore mieux, parce que tout ce qu’on n’a pas encore goûté n’en paraît qu’encore plus délicieux. Forcément.
Alors que le coin de verdure acquis depuis des lustres, ou qui se laisserait coloniser volontiers, qu’est-ce qu’on s’en fout bien entendu, il est là, on le sait, et en plus, s’il nous appartient déjà, on en connaît la saveur par coeur, le palais, le corps tout entier l’a inscrit dans la mémoire, qu’elle soit visuelle, sensitive, tout ce qu’on veut.
Sauf qu’il ne faut pas oublier que rien, rien, rien n’est jamais acquis.
Je sais mes images sont faciles et déjà racontées des milliers de fois, mais je suis un peu feignasse ce matin, et ça m’occupe de radoter, et chacun(e) s’occupe comme y peut.
Je ne veux en venir à rien du tout, je mets juste des mots à la suite les uns des autres, c’est tout.
Prenez soin de vous.